Un lundi au soleil pour le judo français

Judo : les actualités du judo en France et dans le monde / Article / lundi 30 juillet 2012 / source : alljudo.net


Automne Pavia et Ugo Legrand ont remporté le bronze dans leurs catégories respectives des -57kg et -73kg. Après la médaille de Gneto, l’équipe de France est lancée sur de bons rails.

La fraîcheur d’Automne
Si elle est apparue un peu contractée sur son premier tour face à la Britannique Clark, Automne Pavia a pris la mesure de l’évènement au fil des combats pour aller chercher une médaille de bronze méritée. En demi-finale, elle a bien résisté à la future gagnante la Japonaise Matsumoto avant de s’incliner dans le golden score. En place de troisième elle n’a pas été inquiétée, son envergure et sa position décalée gênant considérablement la Hongroise Karakas qu’elle a battu pour la cinquième fois en six rencontres. Son schéma est un vrai un casse-tête pour ses adversaires – même Matsumoto a failli s’y casser les dents – et on sent quelle peu encore progresser sur ses ashi-waza, notamment les balayages et sasae qui complèteraient bien sa palette. Définitivement décomplexée par cette médaille, elle peut s’installer durablement dans le top 5 mondial.

Ugo Legrand, l’habitué des grands rendez-vous
Après un premier tour bien maîtrisé contre le dangereux Polonais Adamiec, Ugo Legrand a échappé au pire face à l’Egyptien Hussein Hafiz qui lui marque wazari sur te-guruma. Obligé de s’employer pour remonter aux pénalités et arracher la victoire au golden score, il a peut-être payé ses efforts lors du tour suivant face au Néerlandais Elmont. En effet il s’incline une nouvelle fois face à celui qu’il faut bien appeler sa bête noire, durant le golden score, sur un modèle d’harai-goshi en cercle à droite, un  mouvement très pur auquel le tacticien hollandais ne nous avait pas vraiment habitué. Après cette défaite en quarts, il a su se remobiliser pour battre d’abord le solide Boquiev, puis le Coréen Wang, sur un modèle d’o-soto-gari en reprise de garde à valeur de ippon dans la première minute du golden score.

Ugo à cette capacité de ramener des médailles des grands championnats qu’il dispute. C’était le cas dans les catégories jeunes, ça l’est désormais en seniors. Au total il cumule depuis les cadets neufs médailles sur des championnats continentaux ou mondiaux. Il n’y a désormais plus beaucoup de déchet dans son judo. Au gré des sensibilités on pourra trouver  qu’il lui manque parfois d’un petit grain de folie, ou d’un peu plus de rugosité ou encore d’un peu plus de cardio...en bref des petites choses qui le séparent –plus pour très longtemps – d’un premier titre mondial.

Isaev, l’homme fort
S’il n’a pas le talent de Galstyan, son compatriote champion olympique des moins de 60 kg il y a deux jours, on a retrouvé aujourd’hui chez Isaev les ingrédients qui font la force des Russes actuellement : une capacité à ne pas faire d’erreurs, à saisir toutes les opportunités, et de solides bases en ne-waza et sur les contres. A cela Mansur Isaev a ajouté une rugosité et une force physique qui font mal à l’adversaire et qui lui ont permis d’être le vainqueur logique du jour, même si la finale remportée deux shidos à un face au jeune Japonais Nakaya se joue vraiment à peu de choses.

Matsumoto était en mission
Après les deux revers subit par les Japonaises en -48kg et en -52kg, Kaori Matsumoto se devait d’offrir son premier titre au Japon… et elle l’a fait. Véritablement habitée par la gagne, elle a su puiser dans ses ressources mentales et physiques lorsqu’elle ne trouvait pas la solution techniquement, ce qui a été le cas plusieurs fois aujourd’hui, notamment face à Automne Pavia. Avec sa victoire elle permet au Japon de reprendre la deuxième place du classement des nations,  et d’envisager de pouvoir reprendre la tête dès demain.

L’arbitrage…
L’arbitrage a encore été au cœur des discussions aujourd’hui avec deux faits qui interpellent. Le premier concerne la Brésilienne Silva qui comme l’Algérienne Hadad hier a été disqualifiée pour une petite saisie de jambe. Ce règlement est irrespectueux du travail des athlètes. Certes il a permis au judo de se rapprocher de ses fondamentaux, mais il est grand temps qu’il soit revu.
Le deuxième fait concerne Ugo Legrand qui immobilise Dex Elmont lors de leur quart de finale. L’arbiter annonce matté au moment où il aurait dû annoncer osae-komi, à cause certainement d’une méconnaissance du sol. Suite à l’intervention de la table, Ugo repart de sa position, qu’il avait eu l’intelligence de ne pas lâcher, mais Elmont sort. Serait-il sorti s’il n’y avait eu ce matté intempestif, on n’en est pas sûr ? En revanche à la question faut-il, au nom de l’universalité du judo,  laisser des arbitres inaptes pour le haut-niveau continuer à officier, la réponse est non.

Resserrement en tête
Grâce à son deuxième titre, la Russie chippe la première place du classement au Brésil qui voit également le Japon lui passer devant. Avec ses trois médailles de bronze, et quatre champions du monde n’ont pas encore combattu, la France peut espérer réaliser une grande performance sur ces Jeux. Parmi les grandes nations, seule la Corée semble pour l’instant en difficulté, à l’image de son leader Wang qui ajourd ‘hui était bien loin de son niveau de la période 2009-2010.


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